dimanche 16 octobre 2011

Les chants du Rassemblement Populaire

Je crois être sur le point de révéler un petit bijou culturel tiré du patrimoine historique politique local. Il s'agit de trois chansons du répertoire du Rassemblement Populaire (RP).

Notre époque spectacle nous saturant de divertissement, notre mémoire s'apparente de plus en plus à celle des poissons rouges. Que quoi? Le Rassemblement Populaire?

Bin oui le RP! L'ancêtre du RMQ, le parti de Jean-Paul l'Allier, maire de Québec de 1989 à 2005. C'est en 2001, lors de l'épisode des fusions municipales, que le RP est devenu RMQ.

Le RP était tout de même... légèrement plus subversif.
Dans la foulée du retentissant rapport «Une ville à vendre », un mouvement d’action populaire urbain, regroupant une quarantaine de péquistes, syndicalistes et activistes des groupes populaires, avait vu le jour en février 1975. 
Le Rassemblement populaire, qui compte une centaine de membres dans les quartiers centraux, s’est doté d’un manifeste qui clame que l’administration municipale est « vendue au grand capital international » et qui propose de « donner le pouvoir à la majorité, les travailleurs syndiqués et non-syndiqués, les assistés sociaux, les ménagères, les étudiants ». Le contraste est saisissant avec le Progrès civique, au pouvoir depuis 1965 à Québec, qui n’a comme membres que ses propres élus au conseil de ville.
C'est contre l'arbitraire de l'administration de la ville que se forme l'idée des conseils de quartier. Ceux-ci sont d'ailleurs attaqués cauteleusement en ce moment même par l'administration Labeaume. Les gouvernants autoritaires s'accomodent mal de structures de consultation populaire. Imaginez que la plèbe se mette à revendiquer après?

N'empêche, la belle démocratie revendiquée par les conseils de quartier a ses limites...
Une culture de consultation avec plusieurs nouvelles instances, comme les conseils de quartier, a certes émergé, mais elle en est restée là, à la consultation. C’est-à-dire que l’on veut bien consulter  la population sur les projets de la Ville et des promoteurs, mais il n’est jamais question de faire participer le peuple à leur élaboration. La Ville s’est donné une nouvelle image, moins autocratique et plus consensuelle, mais, au final, le pouvoir est resté entre les mains du comité exécutif et du cabinet du maire. 
Quand on pense qu'il n'y a pas si longtemps, le parti municipal au pouvoir scandait des slogans anticapitalistes alors qu'aujourd'hui notre maire préfère brandir des canettes de Red Bull... On se dit qu'on est tombé dans de biens peccamineuses orientations.

Les chants du Rassemblement Populaire
Réjeanne Cyr-Reid au rallye du faubourg Saint-Jean. Photo Étienne Grandmont.

Réjeanne Cyr-Reid au chant.

Le blues de l'incinérateur
J'ai cru comprendre que l'un des mandats du RP était de supprimer l'incinérateur, qui rejette de toxiques émanations dans le quartier Limoilou. Triste échec.

3657-1-01_-_Blues_de_lincinerateur.mp3

On est partit de tout
"On est partit de rien, sauf de l'espoir des citoyens. La démocratie dormait dans son coin, on est partit de rien. On est partit de tout, partit de moi partit de vous, on va gagner et se tenir debout"

"Le pouvoir, notre pouvoir, il faut le faire exister, ensemble toi et moi le conseil de quartier".

3657-2-02_-_On_est_partit_de_tout.mp3

Une ville à prendre
Faites le lien avec le dossier lapidaire d'Ezop-Québec (1981) Une ville à vendre. À chanter en rond main dans la main.

3657-1-04_-_Une_ville_a_prendre.mp3

Sources
Balayage du RMQ... La fin d'une époque, Infobourg
Balayage du RMQ… La fin d’une époque (Suite et fin), Infobourg

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