lundi 5 décembre 2016

Comment dégommer les légendes du Refus global en un documentaire facile



Si d'aventure par masochisme ou par envie de vérité vous souhaitiez massacrer la vision romantique que vous pourriez avoir des signataires du Refus global, je vous suggère ce documentaire. En lieu et place de révolutionnaires, vous n'y trouverez que des vieillards séniles et très vaguement humains.

Il s'agit d'un film de Manon Barbeau, fille de Marcel Barbeau, l'un des signataires du Refus Global. Ce manifeste jetait le pavé dans la mare en gueulant "Au diable le goupillon et la tuque!", c'est à dire la religion et le nationalisme, en 1948, bien avant que les églises ne se vident dans les années dites de Révolution tranquille.

Les signataires paieront très cher cet affront à l'ordre dominant. Plusieurs perdront leur job ou s'enlèveront la vie.

Le documentaire met en vedette des acteurs du manifeste mais surtout leurs enfants, qui semblent tous avoir souffert d'une sorte de mauvais sort suite au lancement du manifeste. Ses auteurs voulaient la liberté d'atteindre le bonheur, leurs enfants n'auront même pas "la liberté de rechercher la liberté" (C'est Francois, le frère de Manon, qui le dit).

C'est toute une claque de voir ces figures mythiques se désintégrer sous nos yeux.

Le Refus global est un mouvement motivé par des idées libertaires. Inspiré par les écrits d'André Breton, Paul-Émile Borduas lance un groupe de peintres surréalistes, les automatistes, en 1947. Borduas, 20 ans plus agé que les autres, en sera le père spirituel.

Les automatistes flirtent avec plusieurs courants de pensées politiques pronant des changements révolutionnaires: le parti communiste, les trotskystes et les anarchistes.
"De tous ces courants de pensée économicaux-sociaux, c'est sans doute l'anarchisme qui m'apparut à moi le plus respirable" - Le poête Claude Gauvreau 
Ceci étant dit, si vous croyez que la recherche de votre liberté individuelle passe par la négation de la liberté de vos propres enfants, c'est qu'il y a deux ou trois trucs que vous avez manqué dans le grand manuel d'instruction de la vie.

Pour en savoir plus, lire Sur les traces de l'anarchisme au Québec ou alors La femme qui fuit, sur la vie de Suzanne Méloche, femme de Marcel Barbeau.

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