dimanche 25 décembre 2016

"J'en r'vien ben" de la guerre


Elle a hérité du chanté-turluté de la Bolduc (un genre de scat) tout en ayant une carrière internationale. Elle peut aussi imiter des instruments avec sa bouche : c'est Jeanne d'Arc Charlebois. 

Sur son album "J'en r'viens ben" de la guerre paru en 1960, on retrouve plusieurs pièces qui ont visiblement été fait dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale. La moitié des pièces font référence aux combats, au rationnement et à Hitler.
"As-tu vu la bombe, la bombe et puis la bombe, tous les japs en la voyant on crier ayoye moman" (As-tu vu la bombe)
"Jeanne d'Arc" devient un prénom populaire au Québec suite à la canonisation du personnage historique (la pucelle) en 1920. Jeanne d'Arc Charlebois est née la même année. Elle change son nom d'artiste pour Jeanne Darbois avant de partir en tournée en France dans les années 50, quelques années après Félix Leclerc. Elle devient une star. Elle ne reviendra au Québec qu'en 1972. 

Elle décède en 2001 à New York.

L'album est téléchargeable ici.

Jeanne d'Arc prend sa voix enfantine pour cette chanson sur Tarzan:



Elle a eu deux enfants avec le comédien Olivier Guimond. L'un d'eux est Richard Darbois, qui prête sa voix à de nombreux comédiens célèbres dans les doublages de film: Harrison Ford, Dan Aykroyd, Bill Murray, Arnold Schwarzenegger et même Sylvester Stallone.

Le sketch le plus célèbre d'Olivier Guimond est celui d'un soldat francophone montant la garde à l'entrée d'une maison cossue d'un anglophone de Westmount le jour de Noël. Ça a été enregistré pour le spectacle télévisé du nouvel an 1970, le Bye bye.



Il faut connaître le contexte du gag. 1970 c'est l'année de la Crise d'octobre. Dans l'objectif de stopper les 2-3 membres du FLQ tout en foutant la trouille à tout le monde, le gouvernement déclare la loi martiale et suspend les libertés. L'armée défile à Montréal et plus de 400 personnes sont arrêtées, dont la chanteuse Pauline Julien, son conjoint Gérald Godin, le poète Gaston Miron et le syndicaliste Michel Chartrand.

Ce vidéo démontre les talents de Jeanne d'Arc pour changer sa voix. Tourné en 1997, la grande dame revient sur sa carrière et imite le son des claquettes de Fred Aster avec sa bouche!

mercredi 21 décembre 2016

La maudite machine



Les patrons t'veulent pus
Tu vaux pus ben cher
Tes tout nu dans rue
Tes un gars fini
La maudite machine
Qui ta avalé
A marche en câline
Faudrait la casser
Faudrait la casser

mercredi 7 décembre 2016

Les collabos français au Canada

Robert Rumilly

L'émission 3600 secondes d'histoire consacre l'émission de cette semaine aux collaborateurs français ayant trouvé refuge au Canada après la Seconde Guerre mondiale.

Au Canada, les miliciens seront reçus à bras ouverts. En 1938 se forme un comité de soutien avec l'historien Robert Rumilly, le maire de Montréal Camilien Houde et les parlementaires Philippe Hamel et René Chaloult. Des gens de la droite conservatrice, nationaliste et réactionnaire. Monarchiste, même, dans le cas de l'intellectuel français d'extrême-droite Rumilly.

La presse sera aussi sensible à la cause des collabos. La mouvance clérico-nationaliste, selon l'historien Marc Bergère. Certains journaux comme l'Action Catholique ou le Montréal Matin et des groupes nationalistes comme la société Saint-Jean-Baptiste, la Ligne Nationale et la Ligue des Patriotes.

La partie la plus intéressante est lorsqu'ils commencent à parler de l'arrivée des collabos au Canada vers 28 minutes 45 secondes.

Vous pouvez écouter ça sur le site de 3600 secondes d'histoire.

Ou ici...



On peut trouver ça au 1165, avenue des Érables (La Cité-Limoilou)

Maison de Philippe Hamel, qui a aussi son bel épigraphe, 128, rue Sainte-Anne

lundi 5 décembre 2016

Comment dégommer les légendes du Refus global en un documentaire facile



Si d'aventure par masochisme ou par envie de vérité vous souhaitiez massacrer la vision romantique que vous pourriez avoir des signataires du Refus global, je vous suggère ce documentaire. En lieu et place de révolutionnaires, vous n'y trouverez que des vieillards séniles et très vaguement humains.

Il s'agit d'un film de Manon Barbeau, fille de Marcel Barbeau, l'un des signataires du Refus Global. Ce manifeste jetait le pavé dans la mare en gueulant "Au diable le goupillon et la tuque!", c'est à dire la religion et le nationalisme, en 1948, bien avant que les églises ne se vident dans les années dites de Révolution tranquille.

Les signataires paieront très cher cet affront à l'ordre dominant. Plusieurs perdront leur job ou s'enlèveront la vie.

Le documentaire met en vedette des acteurs du manifeste mais surtout leurs enfants, qui semblent tous avoir souffert d'une sorte de mauvais sort suite au lancement du manifeste. Ses auteurs voulaient la liberté d'atteindre le bonheur, leurs enfants n'auront même pas "la liberté de rechercher la liberté" (C'est Francois, le frère de Manon, qui le dit).

C'est toute une claque de voir ces figures mythiques se désintégrer sous nos yeux.

Le Refus global est un mouvement motivé par des idées libertaires. Inspiré par les écrits d'André Breton, Paul-Émile Borduas lance un groupe de peintres surréalistes, les automatistes, en 1947. Borduas, 20 ans plus agé que les autres, en sera le père spirituel.

Les automatistes flirtent avec plusieurs courants de pensées politiques pronant des changements révolutionnaires: le parti communiste, les trotskystes et les anarchistes.
"De tous ces courants de pensée économicaux-sociaux, c'est sans doute l'anarchisme qui m'apparut à moi le plus respirable" - Le poête Claude Gauvreau 
Ceci étant dit, si vous croyez que la recherche de votre liberté individuelle passe par la négation de la liberté de vos propres enfants, c'est qu'il y a deux ou trois trucs que vous avez manqué dans le grand manuel d'instruction de la vie.

Pour en savoir plus, lire Sur les traces de l'anarchisme au Québec ou alors La femme qui fuit, sur la vie de Suzanne Méloche, femme de Marcel Barbeau.

dimanche 27 novembre 2016

Mon ami Fidel



À l'occasion de la mort du commandante, savourons cette bizarrerie du parolier et mauvais comédien Robert Charlebois.

En 1976, l'artiste plus connu pour avoir lancé une brasserie artisanale et fait dans la chanson pop décide de se fendre d'un hommage qu'on pourrait qualifier de stalinien à Fidel Castro.

On est bien au dela de la chansonnette naïve de Jean Ferrat. On est carrément dans l'adoration béate, imaginez, "Il faudrait 1000 Fidel pour affronter le millénaire".

La dernière fois que j'ai vu Charlebois dans un écran, c'était dans le fameux vidéo au manoir en carton-pâte de la famille Desmarais

mercredi 23 novembre 2016

Fernand Reynaud a de quoi à nous dire sur les douaniers


Fernand Reynaud * Le douanier *

Sortit tout droit des années 50, Reynaud à de quoi à nous dire.

lundi 21 novembre 2016

Un recueil de chansons marxistes-léninistes pour toé


Jusqu'à la victoire finale, Chants de la Révolution, est un recueil de chants marxistes-léninistes produit par Théâtre Solidaire sortit en 1975.

Le Théâtre Solidaire existe depuis octobre 1973. Il est composé de membres de la Cellule Ouvrière Révolutionnaire (COR), de chômeurs, chomeuses, d'étudiants, d'étudiantes et de travailleuses et travailleurs.

En 1975 le groupe fusionnera avec 2 autres groupes pour faire la Ligue communiste puis le Parti communiste ouvrier (PCO). Le PCO existera un gros 4 ans. Parmi ses membres, on retrouvera notamment celui qui est devenu le champion des lock-outs, Pierre-Karl Péladeau.

Ce qui est le fun avec les groupes ML, c'est qu'il y a toujours trop de texte pour bien expliquer de comment de ce que c'est que ça parle la toune. D'un coup qu'on est complètement taré et qu'on ne comprend pas les paroles extrêmement subtiles et poétiques #not.

En plus des classiques (L'Internationale, la Jeune garde etc), on retrouve des pièces originales du Théâtre Solidaire. Les voici:
  • Travail, travail, travail et Chanson de la solidarité : Let's go for the dictature du prolétariat.
  • Chanson de Bou-Bou: Chanson sur le premier-ministre Bourassa et la Baie James.
  • Nous sommes des chauffeurs : Traite d'une tentative de syndicalisation chez les chauffeurs de taxi.
  • La lutte des femmes: La toune féministe de l'album. Il est entre autre question de l'avortement.
  • Ou il y a exploitation il y a toujours résistance : Portrait des grandes luttes ouvrières qui ont fait avancer l'histoire du Québec et du Canada.
  • A Québec Carton : Encore une histoire de grève dans une multinationale mais cette fois elle met aux prises les employés, les patrons et... des syndicats concurrents ou jaunes. 
  • La vie chère : Parce que l'austérité n'est pas une nouveauté, la chanson des années 70 fonctionne encore très bien dans le contexte actuel "Les bourgeois les cochons, se pactent la fraise en mangeant leur t-bone, en discutant de leurs investissements". Subtil et délicat comme on aime.
  • Coleco : C'est le nom d'une usine appartenant à une multinationale étasunienne. En 1975 c'est la grève se soldant par un échec pour les employés 3 mois plus tard.
  • Chanson de la United Aircraft: Bon tout le monde connait ce gros conflit la de 1974, non? Y'a même un album qui a été enregistré sur ce sujet.
  • Le monde en plein bouleversement: Chanson inspiré par les paroles de Teng Siao Ping, vice premier-ministre de Chine tsé veu dire.
S'il y a quelqu'un out there qui souhaite interpréter une de ces chansons je serais bien curieux de l'entendre.



Mettez la main sur le recueil ici.

Oui je le sais que c'est photographié tout croche.